mercredi 26 novembre 2008

Restavek

Les restavek ce sont des enfants confiés par leurs parents à de la famille proche ou éloignée qui habite en ville (en gros Port au Prince) dans l'espoir qu'ils pourront accéder à ce qu'ils n'ont pas en campagne: nourriture, éducation et travail. En bon françois, on parle d'enfants en domesticité.
En échange du gite et du couvert, les enfants (surtout des filles) font le ménage, la lessive, et doivent donc aller chercher l'eau au fontaine s'il n'y a pas de connexion privée, cuisinent, s'occupent parfois des enfants. Cela laisse donc peu de temps pour aller à l'école.
« Il y a une nette augmentation d'enfants en domesticité et la situation est alarmante. Environ 300 000 enfants haïtiens vivent en domesticité dont 80% sont des filles. Jusqu'ici, les données relatives à ces enfants domestiques sont inexactes. Parce qu'ils n'ont généralement que peu ou pas de contacts avec des structures formelles comme les écoles, les centres de soins, ou les organisations confessionnelles, il est difficile d'atteindre ces enfants et leur nombre est probablement sous estimé», déclare Kinsley Sabbat, président du conseil d'administration de la Coalition haïtienne pour la Défense des Droits de l'Enfant (COHADDE).
On m'a assuré que tous les enfants ne sont pas dans cette situation et que certains peuvent vraiment accéder aux soins et à l'éducation qu'ils n'auraient pas s'ils restaient avec leurs parents.

vendredi 21 novembre 2008

pendant ce temps là, à Moustiques

Nous n'avons toujours pas reçu le feu vert de la Belgique pour lancer notre programme de réhabilitation.
Les semences pour 500 familles espérées de la FAO se font attendre. Les gens continuent de crever la dalle surtout dans le haut du bassin versant difficile d'accès. En 2 semaines, 7 enfants sont morts de sous-nutrition à l'hôpital de Passe Catabois et personne n'en parle en dehors d'ici. Sur les marchés de la zone ou dans les cantines (dont celle qui cuisine pour moi quelques fois), le riz distribué par le PAM se vend comme tout autre marchandise. On peut voir des gens bénéficiés de l'aide alimentaire alors qu'ils ont les plus belles maisons de la zone, tout çà parce qu'ils ont des relations avec des sphères plus hautes et ont pu se faire inscrire sur les listes.
En attendant, ceux qui ont vraiment faim ont du mal à trouver de la nourriture et le temps que les enfants arrivent à l"hôpital, il est souvent trop tard...
Et après vous devez supporter le personnel de la FAO qui vous dit que le problème des gens d'ici est qu'ils ne savent pas stocker des semences, ils ont toujours besoin d'assistanat...

mardi 18 novembre 2008

comment choisir un logo

Quand on est une association choisir un nom comme un logo c'est vouloir créer des symboles forts qui marqueront les esprits tout en gardant l'essence de l'association. On se rappelle tous de nos cours où on a enfin compris le logo de Carrouf, le jeu des couleurs chez Auchan...
Je soumets donc à votre appréciation le logo de l'association des irrigants de Moustiques. Pour ressituer le contexte, l'association des irrigants est donc basée dans le Nord Ouest, un presque désert donc la couleur verte du green moyen.
Quoique le Maroc est bien devenue une destination hype pour putter.
Des pluies torrentielles suivies de sècheresses (je vous ai dis que ceux qui ont réussi à planter du pois début novembre pour bouffer -parce que c'est toujours la dèche ici- 'ont dans l'os car il n'a pas plu depuis 15 jours)
des fontaines qui tarissent... Enfin bref, l'eau est ici une ressource importante donc irriguer un magnifique parcours de 8 trous me parait difficile.
Vous remarquerez que nous sommes intègres dans le nord ouest pas de siège social au Bahamas ou en Suisse, non monsieur, siège social à Passe Catabois.

Tout çà pour vous dire que quand j'ai vu ce logo, j'ai bien rigolé
Je lance donc un grand concours:trouver la symbolique de ce logo.
Seront acceptées les explications métaphoriques de la réussite sociale mais seront refusées les explications tendancieuses en lien avec une éventuelle compensation de la vie ascétique (mythique je vous rassure) des gens de Moustiques.

A vos neurones...

petite revue de presse

  • Je ne vous ai pas encore parlé de la magnifique ville de Port de Paix. Elle fout tellement le bourdon que j'y passe le moins de temps possible. C'est aussi une plaque tournante du traffic de drogue comme le montre ces récents évènements:
Extradé aux Etats-Unis après avoir été pris dans les filets de la DEA (Drug enforcement administration) et du Bureau de lutte contre le trafic de stupéfiants, Alain Désir aurait laissé derrière lui près de deux millions de dollars cachés dans un sac et dans un coffre-fort à Port-de-Paix. Chose certaine, a confirmé Gary Desrosiers, porte-parole de la Police Nationale d'Haïti, « un million 250 mille dollars confisqués chez l'oncle du présumé narcotrafiquant sont entreposés actuellement à la Banque de la République d'Haïti.» L'opération, dit-il, a été menée, jeudi dernier, par des agents de la DEA, du BLTS et le commissaire du gouvernement de Port-de-Paix.
  • et encore un ,ouvement de panique dans une école le 20 novembre, mais plus tragique celui-ci:
Un élève est décédé et 24 autres blessés lors d'une bousculade survenue à l'école Saint Paul villa Huguens à Clercine dans la région de la Plaine du cul-de-sac, hier mercredi.
Guerline Louis, 20 ans, victime d'une crise cardiaque a rendu l'âme à l'hôpital la Paix quelques heures après l'incident confirme le censeur de l'école, Fra
nkie Mathieu. " Elle se trouvait sur la cour avant l'incident, elle n'était pas impliquée dans la bousculade", assure M. Mathieu pour qui la psychose de peur explique la panique qui a été à l'origine de la bousculade.
  • qu'ouies-je? Arnaud Klarsfeld est venu en Haiti en roller? Non sans les rollers mais bien sûr. Pourquoi? Parce qu'il est conseiller du premier ministre (ah vous non plus vous ne vous rappelez plus de son nom). Comme quoi être l'ex de la première dame çà peut payer. Notre (plus) tout jeune ténor du barreau est venu dénoncé les injustices en Haiti, c'est vrai que personne ne l'avait fait avant lui, bravo!!! Bon reconnaissons qu'il est toujours bon de souligner qu'en Haiti 5% de la population détient 95% des richesses. On comprend mieux pourquoi avec un tel potentiel, ce pays stagne aussi bas. Arnaud a promis de revenir dans 2 semaines. Chouette je serais à Port au Prince et je pourrais même l'amener dans le Nord Ouest s'il veut mais pas en roller, trop galère
  • les Haitiens ont beau se plaindre de la qualité de vie dans leur pays (non sans blague!), il se pourrait bien qu'Haiti où l'espérance de vie est de 47 ans, abrite la doyenne de l'humanité. Un truc de ouf quoi. Cette dame aurait 136 ans et vivrait avec sa fille de 106 ans. Elle a été dénichée dans un village du Sud Est par des associations qui je cite "oeuvre sur un projet ed grande envergure mais non élucidé avec les personnes centenaires". Donc maintenant il faut prouver qu'elle a bien 136 ans. Et attention, la jeanne calment haitienne se nomme Versina Versailles, non mais!

lundi 17 novembre 2008

après les écoles, les maisons

Plusieurs centaines de familles se trouvent aujourd’hui menacées après le brusque effondrement partiel d’une maison, enregistré dans la matinée de ce lundi 17 novembre 2008, à Musseau dans la commune de Delmas, a constaté l’agence en ligne AlterPresse.

Construite sur des failles près d’un ravin, cette maison, propriété d’un Haïtien vivant à l’étranger, aurait été habitée, jusque la semaine dernière, par des membres de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), selon des riverains.

Ils sont fous ces UN!!!

jeudi 13 novembre 2008

Qui a eu cette idée folle un jour d'inventer l'école?




Il y avait longtemps que l’on avait pas parlé d’Haiti dans les nouvelles du monde.

Le collège « La promesse évangélique » s’est effondré vendredi sur 350 élèves dans un quartier pauvre de Pétion-Ville (sans vouloir blasphémer si c’est la promesse évangélique je crois que je vais m’abstenir). Il y avait environ 350 élèves car le collège fonctionne comme beaucoup ici en double vacation avec une session le matin et une l’après-midi et accueille donc au total 700 élèves.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, une des pelleteuses dépêchées sur les lieux de la catastrophe a embouti 3 voitures blessant et tuant la quinzaine d’occupants. Le conducteur de l’engin seulement blessé a été gardé de force à l’hôpital de peur qu’il sa fasse lyncher du moment qu’il mettrait un pied dehors.

La population a critiqué le délai d’intervention des secours mais peut être que si tout Port-Au-Prince ne se précipitait pas au moindre évènement morbide, les secours auraient pu accéder plus vite au lieu de la catastrophe. Les Haitiens ont en effet l’air d’aimer passer des heures à regarder des cadavres comme ils le font aussi après des fusillades. Ainsi une véritable marée humaine a descendu hier tout Canapé Vert pour aller à Bois Patate avant de se replier sur Christ Roi.

Le bilan provisoire de pour la promesse « évangélique » est de 97 morts et 150 blessés. Un de nos voisins a perdu 2 de ses enfants et le 3ème était soit disant dans un des hôpitaux de la ville. Le « jeu » des familles est alors de faire tous les hôpitaux pour tenter de retrouver les siens, et encore faut-il qu’ils soient vraiment à l’hôpital.

Parlons justement des hôpitaux, le personnel soignant en grève a repris le travail face au flot de blessés et a miraculeusement obtenu le matériel d’urgence qu’il réclamait depuis des mois. La plupart des salles d’opérations ne sont pas fonctionnelles.

Et depuis c’est réaction en chaîne. Mercredi matin un mur d’une école s’est effondré à Bois Patate ne faisant que 8 blessés et un mouvement de panique dans une école à Christ Roi a aussi conduit des gamins à l’hosto. C’est un peu le double effet kiscool, un gamin croit sentir les murs bougés et là c’est hystérie générale, on saute par les fenêtres, on s’évanoui et tout bagay. Rebelote le jeudi matin avec un mouvement de panique après la chute d’un placo ou un truc du genre.

Alors oui aucun contrôle des constructions n’est réalisé, le pasteur responsable de « la promesse évangélique » a reconnu avoir construit le collège tout seul alors qu’apparemment une interdiction lui avait été donnée après inspection des travaux en 2000. On estime que près de 70% des constructions dans la zone métropolitaine sont illégales et donc possiblement dangereuses. Telle était le cas de cet établissement de 3 étages dans une ravine !!! Et encore il n’y a pas eu de tremblement de terre.

Certaines salles de classe accueillent plus de 150 gamins. Je vous passe l’école nationale du Guatemala en plein centre de Pétion Ville où les enfants font leurs besoins à même le sol car il n’y a pas de sanitaires.

Et au milieu de tout çà des profs qui ne sont même pas d’aligner 3 mots de français. Attention je ne critique pas la maîtrise de la langue de Molière mais les irréductibles n’ont hélas pas pu lutter contre le rouleau compresseur français et c’est donc cette langue qui a été retenu comme langue officielle pour l’enseignement. Et oui comme on l’explique dans les écoles privées pour les classes moyennes et aisées, le créole est la langue du peuple inculte et eux qui sont la future élite de la nation ne peuvent se rabaisser à parler cette langue dans leurs études et leur travail. Je trouve pourtant cela très regrettable. On pourrait donc s’attendre à ce que les professeurs maitrisent donc le français, ce qui n’est pas toujours le cas.


jeudi 6 novembre 2008

Congrès au Mali

Non je ne quitte pas Haiti pour le Mali comme certains ont pu le croire, je dois être un êu maso faut croire! PROTOS organise tous les 3 ou 4 ans, un grand congrès avec ses collaborateurs et ses partenaires dans chaque pays. Et je remercie ceux qui ont proposé de partir au sud au lieu de faire çà en Belgique. Nous voici donc au Mali pour 10 jours. Et ce congrès ne pouvait mieux tomber car je commençais à saturer d'Haiti.
PROTOS en force investit donc Bamako puis Mopti avec des journées très intenses niveau boulot.
Voici quelques photos:





danseuses peuls

mais bon on a pas fait que réfléchir sur les stratégies de PROTOS, on a aussi rencontré tous les gens qui travaillent dans les autres et on a aussi passer de bien bonnes soirées souvent assez arrosées de castel ou Flag voir de Barbancourt ramené par les Haitiens.

Carmelina, Hervé, Johnny et Moi (de droite à gauche)
Mary, Remigio, Moi, Pablo et Carmelina








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une petite chanson peul

mercredi 5 novembre 2008

kouakourou

Dans la région de Mopti, les visites avaient 2 thématiques: urbain et rural. La visite du groupe "rural" consistait à aller voir les projets dans un village à 4 heures de pinasse, ces bateaux que l'on trouve en Afrique et de passer un nuit roots dans un village. Evidemment, je ne pouvais qu'être dans ce groupe.
Nous voilà donc partis le long du fleuve Niger.



Première règle, se fondre dans le décor en adoptant les codes vestimentaires locaux

bien pratique les sacs de riz, j'espère que les régatiers du vendée globe ont pensé à en prendre
au moment de l'approche du village, granbde émotion; tout le village nous attend sur les berges ou nous accompagne en pirogue avec musique et chant.
nous avons eu droit à une démonstration des courses de pirogues avec la 3ème meilleure équipe de la région, les jeunes, les femmes, les folles...
distribution du lait de l'amitié
les femmes dont les photos suivent sont appelées les folles du village. Elles sont en fait plus libres que la plupart des femmes du village et jouent une sorte de rôle lors des cérémonies publiques ou lorsqu'on reçoit des étrangers.







rock'n roll


ici les gamins demandent toujours "bidons, bidons, bidons" ou la version malienne du recyclage




le soir, les jeunes filles nous ont fait des démonstrations de danse et de chants avant que nous nous endormions à la belle étoile. Nous avons eu quelques difficultés à installer les moustiquaires dehors et les hommes ont du faire des tirages au sort pour savoir qui aller partager sa moustiquaire avec qui, non mais franchement... Je vous épargne le concert de ronflements du rez de chaussée de la part des hommes bien entendu.
videola démonstration des folles ou comment quand on avance pas dans la même direction et avec un but commun, on fait du sur place


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vamos a la playa