mercredi 1 octobre 2008

Rembourse ta dette!!!

Au risque de me fâcher avec certains, je vous fais part d’autres raisons qui pourraient expliquer la situation actuelle d’Haiti et qui n’ont pas grand-chose à voir avec Satan (sauf si on considère le France et les USA comme Satan).

Haiti est le seul pays être né d’une révolution fructueuse des esclaves après 12 ans de guerre civile tout de même. La France étant un peu vexée, elle a imposé un embargo sur Haiti, suivie par les USA (à cette époque on était bien copains c’est vrai). Du coup, pris à la gorge, le gouvernement haitien a été contraint de passer un accord avec la France et a promis de rembourser 150 millions de francs de l’époque (soit 14.5 milliards d’euros –remarquons au passage à quel point le franc était fort à cette période). Et donc, comble de la situation, le gouvernement a été obligé d’emprunter de l’argent aux banques françaises pour rembourser sa dette, comme quoi le remboursement de la dette des pays en voies de développement est une vieille histoire. La France, dans sa grande gratitude a diminué la dette à 60 millions de francs sans intérêt remboursables sur 30 ans.
Le dernier paiement a eu lieu 50 après en réalité mais le remboursement officiel de la dette à pris fin en 1947 (Haiti est censé être indépendant depuis 1804 !), ce qui représentait 80% du budget ; ce qui laisse peu de fonds pour développer le pays sans nul doute.
A cela il faut ajouter l’occupation américaine de 1915 à 1934 (officiellement).
Le régime des Duvaliers n’a pas arrangé les choses : papa doc et baby doc ont contracté des dettes pour près de 630 millions d’euros dont le pays n’a souvent jamais vu la couleur…Aujourd’hui, les USA poussent à une annulation de la dette qui s’élève à 700 000 euros par semaine ! Du coup les secteurs de l’éducation ou de la santé ne sont pas en grande forme : Haiti concentre 60% des cas de HIV des Caraibes. On compte 25 docteurs, 11 infirmières et 1 dentiste pour 100,000 habitants (on en compte à peu près 8 fois plus en République Dominicaine).
Et de nouveau rebelote, en 1994 lorsque les Nations Unies réinstallent Aristide, le pays fait des emprunts auprès des grandes institutions financières avec des conditions très strictes (les fameux plans d’ajustements structurels) comme nationalisation des entreprises publiques, coupe nette des dépenses sociales et libéralisation économique (Haiti est d’ailleurs le pays le plus libéralisé de l’Amérique centrales et du sud).

A reflechir

mercredi 24 septembre 2008

divers

Une vision particulière des supermarchés à Port au Prince et le Caribbean en particulier (celui que je fréquente en bonne blanche avec de l'argent bien sûr):
http://guernaouelle.free.fr/spip/article.php?id_article=773

un article super sur l'EDH ie l'électricité d'Haiti
http://guernaouelle.free.fr/spip/article.php?id_article=785


un quizz pour savoir comment on s'en sortirait si on était attaqués par des zombies (Haiti oblige)
23%

y en a que çà amuse

en passant par la plaine



En revenant, nous sommes passés au dessus de la plaine de l’Artibonite et comme vous pouvez le voir, une grande partie est encore sous les eaux.


Punaise, je viens d'apprendre que des secousses sismiques se sont produits dans le pays la semaine il y a 10 jours en plus à PétionVille là où j'habite...


http://www.alterpresse.org/spip.php?article7688

Moustiques après les cyclones

le nettoyage des parcelles: un travail de titan

la plaine vue du ciel: un marécage de 1000 ha

personnes en attente de distribution de nourriture. Les camions ne sont toujours pas arrivés et personne ne peut prédire s'ils viendront ou pas. En attendant, ces gens perdent une journée pour espérer obtenir des marmites de maïs, pois et un bidon d'huile.

adduction d'eau pêtée avec les intémpéries (tous les tuyaux sont recouverts de béton dans cette partie, pour vous donner une idée de la violence des évènements)

après la portion bétonnée à gauche, il y a normalement un canal en terre dans le prolongement. Si quelqu'un trouve le canal, qu'il me le dise

ce qui fut un jardin

les sédiments s'accumulent sur plusieurs dizaines de centimètres dans certains endroits

un autre jardin dévasté

Comment vous décrire :

- Des centaines de familles ont tout perdu : maison, animaux, jardins

- Les jardins sont presque tous détruits

- Le nombre de diarrhées et autres maladies liées à l’eau est en recrudescence

- L’hôpital est contraint d’utiliser l’eau de la rivière

Jeudi, la première distribution de nourriture a eu lieu sauf que comme les routes sont à peu près impraticables après Poste Métier, il n’y a eu qu’un point de distribution au lieu des 3 prévus. Résultat : tout le monde est descendu sur Poste Métier et çà a tourné à la foire d’empoigne. Il y avait pourtant bien des listes de bénéficiaires.

dimanche 21 septembre 2008

Kombit

Un kombit c'est une forme de travail communautaire: on se réunit à plusieurs pour travailler dans le champs de quelqu'un et on tourne sur les parcelles de tous les participants.
celui qui reçoit fournit en général la nourriture. Ici, pendant que certains travaillent d'autres chantent en improvisant des instruments à partir de seau, pioche et machette.
les chanteurs, musiciens et danseurs

la petite bouteille de clairin qui fait du bien (alcool de canne local)
    les musico sont à fond


    la petite vidéo pour avoir le son

    samedi 20 septembre 2008

    Evaluation de dégâts à Moustiques


    la rivière en crue qui court dans les jardins et arrachent les plans de bananiers

    des réfugiés dans un cocotier

    opération sauvetage

    un régime de banane rescapé du massacre




    familles posant devant leurs maisons détruites

    Et voila, la mission commando commence.

    La voiture a pu aller jusqu’au cimetière mais après il faut marcher et encore traverser 2 rivières. Le courant est assez fort.

    Evidemment je suis tombée au premier passage, cela ne m’aurait pas poser de problème si je ne portais l’ordi, l’appareil photo et mes papiers. Plus de peur que de mal !!!

    La zone est méconnaissable, en tout cas pour moi, je ne reconnais presque plus certains lieux. Quelques jardins ont été épargnés mais la plupart sont détruits.

    Il n’y a toujours pas d’eau donc j’ai un jerricane d’eau pour boire et un pour me débarbouiller et tirer la chasse d’eau. Je renonce donc à me laver pendant ces quelques jours.

    2 camions de la MINUSTAH ont pu traverser « 3 rivières » mais aucune aide ne peut arriver jusqu’ici et les hélicos sont mobilisés sur Gonaives… En attendant, il n’ya pas beaucoup de nourriture ici et ce n’est pas mieux à Port de Paix où il n’y a plus de farine et où le riz est extrêmement cher ; l’essence commence même à manquer.

    Au milieu de tout çà, les gens vous racontent qu’ils ont perdu leur jardin ou leurs animaux en rigolant comme s’ils avaient renoncé à se battre contre ces évènements.

    Les seuls qui s’éclatent en ce moment ce sont les enfants qui passent leur journée dans la rivière en crue à se laisser glisser dans le courant.

    les moustiques pullulent dans la plaine et on peut craindre une épidémie.