samedi 30 octobre 2010

Haïti au temps du choléra

En Haïti au temps du choléra, on ne serre plus la main pour ne pas propager d'éventuels germes. Alors du coup, on se tape les poings comme le cliché des jeunes dans les banlieues. La caissière (qui ne sourit jamais), l'écolière portent même des gants...
En Haïti où les gens sont chaleureux, on conseille de ne plus s'embrasser. On se dit bonjour d'un geste de la main lointain...

Sinon ce week end c'est la fête des morts ou les guédés. Je ne sais pas si le lien marche mais essayez si vous voulez quelques photos:
http://www.facebook.com/home.php?#!/album.php?aid=2084305&id=1073963073

vendredi 22 octobre 2010

Am, stram, gram, pic et pic et choléra

Update du 29 octobre : 33O morts et 4649 malades

J'ai piqué ce titre à Nelly, qui présente une émission sur la télévision nationale.
Cet article est la première mouture d'un article que je vais soumettre au journal interne de PROTOS. Vous en avez la primeur et je réactualiserai les données le plus possible.

Evidemment, on prend rarement la plume (ou le clavier) ou la parole pour dire que tout va bien. Pourtant, j’aurais voulu écrire pour faire part de signes d’espoir, 9 mois après le séisme mais une fois de plus, ce n’est pas le cas.

Les faits

Une épidémie de choléra a frappé le Bas Artibonite et le Bas Plateau Central (voir carte) vers le 18 octobre. En 4 jours on a recensé 138 morts et plus de 1500 malades. Dès le 22 octobre, des cas dans l’Arcahaie étaient recensés puis ce furent Hinche, Port-au-Prince et Limbé qui furent touchés. Au 27 octobre, le bilan officiel est de 292 morts et 4147 malades.

On avait longtemps craint une épidémie dans l’aire métropolitaine après le séisme du 12 janvier alors que les conditions de vie des rescapés étaient précaires et que les autorités avaient du trouver une solution à la gestion des centaines de milliers de corps.

C’est pourtant en zone rurale que l’épidémie a frappé, comme un rappel à tous que les efforts louables développés dans la zone d’impact direct du séisme ne doivent pas occulter la réalité de la vie des Haïtiens en zones rurales, les Haïtiens du « pays en dehors ».

La maladie

L’évocation de cette maladie évoque pour la plupart des habitants des pays développés, une maladie moyenâgeuse, pourtant l’OMS recense chaque année 3 à 5 M de cas et 120000 décès. Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacille Vibrio cholerae. 80% des cas sont traitables avec des sels de réhydratation orale mais les cas les plus sérieux nécessitent des perfusions (photo david darg).

En général, environ 75% des sujets infectés ne manifestent aucun symptôme, bien que le bacille soit présent dans leurs selles pendant 7 à 14 jours après l’infection et soit éliminé dans l’environnement, où il peut potentiellement infecter d’autres personnes. Mais la forme présente dans cette zone d’Haïti semble très virulente : très courte durée d’incubation (quelques heures), diarrhée et vomissements intenses (mais sans douleur abdominale) qui provoquent la mort en quelques heures. Le ministre de la santé, Alex Larsen a confirmé le 22 octobre qu’il s’agissait d’une souche de type « O1, le type le plus dangereux ». Le dernier cas de choléra en Haïti remonte au siècle dernier.



La situation dans les hôpitaux

La faiblesse générale des individus en lien avec la malnutrition, ou des personnes infectés par le VIH crée un terrain favorable au développement rapide de telles épidémies. Se pose aussi le problème de l’accès aux services de santé, limité en zone rurale. L’hôpital de Saint Marc est débordé et les patients sont traités à même le sol (photo le nouvelliste). Les centres de santé doivent être ravitaillés rapidement en solution saline pour la réhydratation et doivent gérer les corps des décédés. A l’hôpital de Saint Marc les corps sont mis dans des sachets, désinfectés mais dans d’autres communes comme Grande Saline, les corps des victimes sont privés de sépulture individuelle et mis dans une fosse commune. Une douleur de plus pour les familles dans un pays où les croyances liées l’enterrement sont importantes. Dans des régions plus reculées, les crues des cours d’eau limite les déplacements et empêchent certaines personnes d’atteindre les quelques centres de santé existants. La course à l’eau potable, des moyens de traiter l’eau ou au sérum de réhydratation a commencé ; elle a même été instrumentalisée par les politiques candidats à la présidence ou aux législatives (sénateur ou député). Ironie du sort, ce même 22 octobre, des stations de traitement d’eau devaient être inaugurée à Bocozelle (une section de Saint Marc).


Quelle source de contamination ?

A l’heure où paraissent ces quelques lignes, la source de contamination a été identifiée au niveau du fleuve Artibonite. L’hypothèse soulevée et sur laquelle travaille le gouvernement reste la contamination d’un affluent du fleuve par vidange de latrines d’une base MINUSTAH. Si tel est le cas, cela ne remonterait pas l’estime des Haïtiens en ce qui concerne la présence des Nations Unies dans le pays. La MINUSTAH a évidemment démenti toute implication.

L’état environnemental, et les conditions d’hygiène et d’assainissement des habitats auraient permis à une telle épidémie de se propager. La faible couverture et le mauvais fonctionnement des réseaux d’eau potable en milieu rural contraignent encore la majorité des personnes à boire l’eau des rivières et de sources. Aussi, selon plus d’un, l’eau de rivière aurait « ce petit goût en plus », …On compte aussi très peu d’infrastructures d’assainissement et la population reste peu informée des comportements préventifs pour éviter la propagation de ces maladies.


Quelle évolution ?

Après les décès par dizaine les premiers jours, la progression de l’épidémie semble avoir marqué un pas et le gouvernement a proclamé que l’épidémie était contenu. Cependant, au même moment, les ONG et Nations Unies, se veulent encore alarmistes en disant craindre une propagation massive, opinion plus largement relayée par les médias que la position encourageante du gouvernement Haïtien. Cette crainte est entre autre basée sur le fait que dans les localités assez reculées et peu touchées par les distributions de traitement de l’eau, les populations continuent de boire l’eau de l’Artibonite. Comme rappelé plus haut, 75% des personnes ne présentent pas de symptômes mais peuvent contaminer l’environnement et assurer la propagation du bacille par leur excréta, et ce, jusqu’à deux semaines après leur contamination. Ainsi il est fort probable que le choléra reste présent dans le pays pendant encore plusieurs années. Cette situation implique un changement des habitudes et de la politique d’accès à l’eau selon certains médecins.

Si le nombre de décès journaliers diminue, on ne peut dire que l’épidémie est contenue dans le sens où elle progresse géographiquement. Cette progression (voir carte) est liée aux mouvements des personnes mais les cas de morts sont ceux de personnes qui ont contracté le choléra dans l’Artibonite. Ainsi, on n’assiste pas, pour l’instant, à la création de nouveaux foyers de contamination. La zone métropolitaine est particulièrement sous surveillance car la propagation au sein des camps de sans-abris pourrait être catastrophique comme cela avait été le cas au Rwanda en 1994 avec la mort de 23,800 personnes.

Craignant une propagation, la République Dominicaine a décidé de contrôler la frontière et d’interdire l’entrée sur son territoire à toute personne sans passeport ; une mesure jugée non nécessaire pourtant par l’OMS. Ceci paralyse tout le commerce, une activité économique importante pour les villes de part et d’autre de la frontière (les marchandes des deux pays sont autorisées certains jours à se rendre d’un côté et l’autre sans contrôle d’identité). Des incidents avaient d’ailleurs eu lieu à Ouanaminthe, menant les soldats de la MINUSTAH à disperser la foule avec du gaz lacrymogène. Deux jours après, les voisins ont accepté la réouverture mais les marchés binationaux devront respecter les mesures d’hygiène et de contrôle mises en place par le Ministère de la Santé Dominicain.

La psychose s’installe et la population a attaqué le personnel de MSF à Saint Marc protestant contre l’installation d’un centre de traitement de 400 lits craignant que la zone toute entière soit contaminée.

Les réponses

La présence d’ONG médicales sur Port-au-Prince a permis une réponse rapide avec l’installation de centre de traitement du choléra à Saint Marc ou à Port au Prince

Le président Préval a indiqué que la Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) devra lancer un programme de purification des eaux dans la région. La DINEPA est responsable de la distribution d’Aquatabs ©, HTH, sérum de réhydratation et savon par l’intermédiaire des OREPA existants, mairies, CASEC (sortes de maires ruraux) et ONG ; même si l’on note encore des accrocs à la coordination.

PROTOS travaille avec le CPH à Belladère (voir carte) qui se situe aussi dans la grande zone du Bas Plateau. Pour l’instant, aucun cas n’y a été recensé mais la prévention reste de mise. Les activités de construction d’un réseau d’eau potable, sensibilisation et responsabilisation des populations à améliorer leurs conditions d’hygiène et d’assainissement, demeurent d’autant plus cruciales pour éviter de tels cas. Les organisations de base avec lesquelles PROTOS travaille, le CUSIC (association d’irrigants) et l’UDECOBEL (organisation communautaire) travaillent à la sensibilisation de la population. PROTOS a par ailleurs effectué une demande de réquisition d’Aquatabs ©, HTH, sérum de réhydratation et savon auprès de la DINEPA pour les distribuer sur Croix de Fer et Belladère en collaboration avec la mairie et la direction départementale de l’agriculture. Belladère étant considéré comme zone de prévention et pas comme zone prioritaire, seul le savon est mis à notre disposition jusqu’à présent. Ce 28 octobre, nous avons délivré 8,000 barres de savon (1 barre/personne/semaine) au dispensaire de Croix de Fer et à la DDA de Belladère (possiilité de stockage). La mairie et les organisations de base sont chargées de la distribution aux personnes.

Par l’intermédiaire des médias locaux, les personnes sont informées sur la fabrication d’un sérum de réhydratation à l’aide d’eau traitée, de sucre et de sels.

Les USA, le Canada, l’Espagne, la Belgique et la France ont entre autre envoyé des missions médicales, du matériel de traitement de l’eau ou de réhydratation ainsi que des dons monétaires.

De manière plus humoristique, on a même entendu sur les radios que les Haïtiens étant en général très chaleureux, il fallait arrêter de se faire la bise à tout bout de champ !

Il est difficile de faire la part des choses entre désinformation et réalité, mais cette situation n’est pas la conséquence directe du séisme comme certains médias français ont pu l’annoncer. Il est intéressant de noter au passage qu’aucun média international ne parle de la piste étrangère comme source du problème, ce qui est pourtant vraisemblable vu l’absence du choléra depuis un siècle. Les autorités haïtiennes, ont-ils vraiment tort quand ils se posent des questions sur la gestion des excréta des camps MINUSTAH partout dans le pays ?

Pour conclure, nous pourrions vous dire que nous n’avions définitivement pas besoin de cela alors que les cyclones avaient épargnés le pays (la saison a été pourtant exceptionnellement forte) jusqu’à présent. Mais là, je crois que même le concept de résilience des Haïtiens tant de fois loué depuis des décennies et surtout après le séisme, n’a plus vraiment de sens…






lundi 11 octobre 2010

t'as le vodou ou quoi?

N'ayez pas peur!!!Je suis allez donner à boire aux guédés qui se cachaient derrière cette porte pour qu'ils nous laisse tranquilles... Je suis aussi allez visiter le temple de Jean Dantor, Erzulie la belle et d'autres loas que j'ai oubliés. Il faut dire cette cérémonie date d'il y a un petit moment.
Il s'agissait d'une cérémonie de la société Dereal, près de Port au Prince.




Le boeuf très paisible. Sait-il qu'il va y passer? Avec des yeux très vodouesques, n'est ce pas?

le poto mitan; remarquez les petits bouts de crépon au plafond, on se croirait presque un 14 juillet




Un nouvel habitant

Lasse de voir des rats s'en donner à cœur joie dans ma cuisine et dans ma chambre et dans mes placards, et ne pouvoir les attraper dans les pièges trop petits pour leur taille très respectable; nous avons de nouveau adopter un chaton, mais qui est une femelle cette fois-ci, ce qui limite le risque de vagabondage mais me donnera sûrement l'occasion de la voir pleine au moins une fois d'ici à ce que je parte.
En même temps, je vous dis çà mais je l'ai eu un week end et elle était très craintive et après je suis partie dans le NO; donc qui sait si elle aura survécu jusque là!
Je l'ai appelée Chaplin car elle le bout du museau noir.

samedi 25 septembre 2010

Comme un déjà vu

Vendredi, 15h, le ciel se couvre d'un seul coup, un petit coup d'œil au site météo, à celui du centre de suivi des cyclones. Aucune grosse perturbation n'est indiquée. Une grosse pluie, de quoi créer de gros bouchons en ce début de week-end mais rien de bien méchant.
Mais la pluie n'arrive pas, à la place, des rafales de vent, des portes qui claquent et tout d'un coup des trombes d'eau. 30 minutes de tempête, comme un souvenir fugace des cyclones de 2008.
On ferme bien les fenêtres, on s'en éloigne pour ne pas être blessé si le verre se brise, on voit les branches tombées et je regarde avec crainte, le pin immense du voisin en espérant qu'il ne tombe pas.

Beaucoup d'arbres sont tombés, des panneaux publicitaires, des pylônes électriques....
dans les camps, c'est la panique, les tentes s'envolent, prennent l'eau, on cours dans tous les sens cherchant un abri mais craignant une secousse car maintenant dans l'esprit de chaque haïtien, catastrophe naturelle = tremblement de terre.
5 personnes sont décédés à cause des chutes d'arbres et plusieurs cinquantaines sont blessées.
Ce n'était qu'une tempête et les craintes de dégâts dans les camps ont été entrevues comme un signal d'avertissement? La saison cyclonique est en effet importante mais tous les cyclones ont pour l'instant épargnées la plupart des îles...Espérons que cela reste ainsi.

samedi 18 septembre 2010

çà avance

Aujourd'hui j'ai découvert la nouvelle attraction de la zone métropolitaine: Giant.
Giant c'est le nouveau supermarché de Pétion Ville avec parking sous terrain, 2 étage et ascenseur pour passer de l'un à l'autre. Récemment c'est devenu l'un des rares endroits où on peut acheter du Barbancourt 5 étoiles.
Tout y coûte un bras et on a du mal à se balader dans les allées entre les caddies-voitures pour mettre à la fois tes courses et ton gamin.
Ceci est donc la preuve par A+B qu'Haïti se reconstruit, n'en déplaise aux mauvaises langues, celles entre autre du million et quelques d'Haïtiens vivant encore sous des tentes. Comme quoi les priorités ont clairement été posées...
A ce rythme ma schizophrénie entre mon style de vie et la situation du pays va suivre une courbe exponentielle...

Politique et développement

Politique et développement

Mine de rien, non contente de faire des aller-retours entre le Nord Ouest et le Plateau Central, j’en oublierai presque que j’ai aussi un 3ème fief, la plaine de l’Arbre. Dit comme çà, on imagine les paysages d’Avatar mais en vérité c’est très Chlorox comme le dit César. Chrlorox c’est la marque de chore qui sert aussi bien aux ménagères, lavandières que pour potabiliser l’eau. Et donc oui le Haut Artibonite et la plaine de l’Arbre est particulier peuvent être plus déserts, plus secs et plus perdus que le NO. Quoi de mieux qu’un week-end à rien faire dans le NO que d’organiser une visite de terrain de l’autre côté (ah oui c’est juste de l’autre côté de Moustiques, où je bosse). Rendez-vous était donc pris avec l’ingénieur Enock pour qu’ils viennent me chercher. Et là, dès la rentrée dans la voiture, l’ambiance est donnée : OK le Haut Artibonite c’est Chlorox mais avec de l’alcool, une donnée qui manque assez cruellement à Moustiques. Bon si çà aide le chauffeur à franchir les mornes et éviter les trous sur la piste, pourquoi pas…Direction, sources chaudes, la bien nommée à cause des différents sources chaudes et soufrées. Au début du siècle, des cures y étaient encore organisés et l’eau de source était vendue en bouteille. Maintenant, nous pouvons profiter d’une piscine en plein air d’eau chaude. Bon c’est pas autant appréciable qu’un bon bain chaud après une journée sur des skis mais çà détend quand même.







l'étendoir à linge

La première nuit a été assez difficile entre la disco du bar-restau-hôtel « chez Manou » où nous dormions, les camions qui débarquent de Gonaïves à 2h du mat et les évangélistes qui beuglent à 4h du matin à grand renfort de tambour.

Au programme de la visite :

- les travaux de réhabilitation des infrastructures d’irrigation après les dégâts des cyclones de 2008 (et oui j’étais déjà là)

- visite d’autre périmètres irrigués sur lesquels nous allons peut être travaillés à partir de janvier prochain (paraît que le gouvernement Belge n’est pas mort malgré tout…)


Bon, les travaux de réhabilitation… Evidemment je ne suis pas ingénieur civil mais les structures me semblent déjà un peu affaiblies après quelques crues. « Durabilité, durabilité, …est-ce que j’ai une gueule de durabilité ? », le Seuil dans Barrage du Nord. Je suis vraiment fatiguée de devoir faire des travaux 2ou 3 fois avant d’arriver à un truc durable. Pourquoi, on ne peut pas y arriver du premier coup.



Pour le reste, on n’a pas vraiment de budget pour des infrastructures dans le prochain projet. Heureusement car ce qui bloque surtout c’est le SOCIAL, le comité d’irrigants qui piquent du fric mais font pas les travaux, bref de la rigolade en perspective (enfin surtout pour mon successeur, hihihi !). Bon, les mecs sont toujours là à se plaindre du moindre petit problème sur le canal. Euh les gars, vous savez qu’on est en région aride dans un pays avec peu de moyens et que vous avez des canaux en béton en état acceptable après 20 ans ??? En Haïti, l’irrigation gravitaire c’est en effet beaucoup de canaux en terre.

Mais, le plus intéressant dans cette visite a été les multiples pauses/arrêts avec des comités d’irrigants ou d’autres habitants de la zone pour parler développement bien sûr mais aussi et surtout politique. Et oui, on en oublierait presque que les élections de Novembre sont des élections générales et qu’on élit aussi les députés (presque 1 par commune soit une centaine pour 8 M d’habitants) et un tiers du Sénat. Et il se trouve justement que l’ingénieur Enock est un enfant de la zone et qu’il se présente pour devenir député. Inutile de vous dire, qu’il est totalement confiant quand à son élection. Alors avec son équipe, ils comptent le nombre de voix minimal qu’il leur faut par localité. Son équipe est composé de son neveu et de deux de ses cousins dont un souhaite devenir maire lors des municipales repoussées au début 2011. Des leaders ralliés à leur cause organisent même des sondages dans les villages !

Alors çà distribue des tracts, des tee-shirts, çà promet 2-3 sacs de ciment par ci, par là pour acquérir des voix (je suis une pratique qui consiste à s’assurer des votes par de l’argent ou d’autres faveurs, je suis, je suis…). Et c’est là que les projets de développement entre en jeu, surtout quand ils sont portés par une blanche. Quel meilleur argument de campagne que de s’enorgueillir d’avoir participé à un projet qui a permis le développement de la filière échalotte (et oui çà tient pas à grand-chose une victoire…). De là à dire aux électeurs que c’est grâce à lui que le projet est arrivé ici et que c’est grâce à lui qu’un nouveau projet verra le jour, il n’y a qu’un pas. Enock n’est pas une mauvaise personne en soi mais je m’interroge sur les risques de cette récupération politique de notre travail.


4 configurations :

- projet OK + Enock élu : Tout va bien mais Enock restera-t-il impartial dans son travail?

- projet OK + Enock pas élu : L’une des options les sûres quoi qu’un appui politique est toujours un avantage…

- projet refusé + Enock élu : cela peut mal tourner pour Enock selon ce qu’il a promis aux gens

- projet refusé + Enock pas élu : on est tous perdants

Ils m’ont ramené dimanche matin très tôt. Nous avons quitté Sources Chaudes à 4h, soit une heure après que la disco du samedi soir (qui sert d’école dans la semaine) ferme.

Et là pour nous bercer au milieu des secousses de la piste, le chauffeur a décidé d’abandonner le kompa (ah oui la voiture avait une enceinte dans chaque portière) pour nous passer le best of de Michael Bolton. Il faut visualiser la scène : paysage désertiques au son des ballades du crooner qui sautaient quelque peu à chaque trou ou bosse, soit tout le temps. Pour ceux qui ne connaissent pas trop Michael Bolton c’est « missing you now », « when a man loves a woman », « how I am supposed to live without you », bref des chansons qui te donnent la patate ! Mais je crois que le pire c’est que je me suis rendue compte que je connaissais plus qu’une chanson.

Si non quelques pluies mais les cyclones (souvent de force 4) épargnent la plupart des îles des Caraïbes. Cela ne m’empêche pas de marcher près d’une heure dans la boue et sous la pluie avec mon ordi sur le dos après que le moto-taxi qui m’a fait tomber deux fois m’ait lâchement abandonnée sur la piste à la vue du ciel gris.

Je vous ai dit à quel point j’adorais mon boulot ?