vendredi 2 avril 2010

D&CO, 1 non 2 euh...3 ? semaines pour tout changer

Avec la situation un peu tendue à PAP, je passe la majorité de mon temps dans le Nord Ouest. Du coup je suis moi aussi une déplacée.
Sauf que le hic c'est qu'après 2 ans à avoir vécu dans une grotte comme le reconnait Bruce, il a décidé que c'était pile le moment pour refaire le toit et abattre la maison traditionnelle qui se trouve à l'intérieur des parpaings. En fait c'est surtout le fait qu'un missionnaire soit là en ce moment. Et oui car les missionnaires en font pas qu'améliorer la vie des Haïtiens, ils viennent aussi réparer l'ordi de Deb, la femme de Bruce, la plomberie de Bruce, mettre des nouvelles housses sur le canapé de Bruce...et accessoirement mettre un toit sur la maison-bureau de Julie qui va dire adieu à ses chauves-souris et rats qui faisaient la java au dessus de sa tête.
Mais comme il y a des hommes (entre 40 et 70 ans) dans la guesthouse de Bruce, Julie n'a pas le droit d'y dormir en attendant. Et oui on l'oubli trop souvent mais le mâle est un animal uniquement mû par des pulsions sexuelles qui le pousse à se jeter sur toute personne du sexe féminin... Eh mais attendez cette théorie qui ferait un rapprochement entre les animaux dont les primates et les Hommes ne va pas du tout dans le sens de la théorie créationniste de Bruce? Y aurait-il une faille dans le monde parfait de Bruce et de l'évangélisme? (encore une conséquence du séisme assurément).
Bref, j'étais SDF er Bruce me proposait de dormir à Poste Métier et de faire la piste tous les jours. Et ben oui bonne poire la Julie.
Heureusement Jacques et Isabelle m'ont accueilli. Bruce appelle çà la solidarité française C'est sûr que lui avec sa chambre de libre çà lui viendrait pas à l'idée de m'héberger!!!

Voici donc à quoi cela ressemble en ce moment. Et je peux vous dire c'est du solide parce que le type qui a fait çà est un obèse et que çà a résisté à son poids.

Cela devait durer quelques jours car ils avaient commencé la semaine précédente alors que je n'étais pas là. le hic c'est que le charpentier est parti en ayant fini l'ossature bois mais du coup qui va poser la tôle??? Bon on sait pas encore parce que toutes les équipes sont assez occupées. Ca serait possible de rester chez les Français encore une dizaine de jours... happy face.

sous les poutres se trouve mon garde-manger, un peu difficile d'accès même pour les rats!

Donc dans 10 jours j'aurais un toit mais une grande pièce à la place des 4 anciennes car les cloison internes ont été tombées. Bruce a proposé de délimiter un carré avec des bâches dans lequel on posera mon lit pour que je puisse y ré-habiter et puis comme çà ils pourront continuer à travailler autour.

Double happy face (un peu comme le double effet kiskool vous voyez)

Valérie Damidot fait pas une opération solidarité enHaïti par hasard?

jeudi 1 avril 2010

Camping

Port au Prince est méconnaissable. On slalome maintenant entre les débris des bâtiments et les tentes à même les rues qui nous obligent à revoir nos itinéraires et nous font perdre nos repères. Un labyrinthe en perpétuel mouvement...
A force de rester des heures coincé dans des bouchons, on se met petit à petit à établir une typologie des abris:la tente commune, façon cirque Pinder

la tente familiale avec jardin privatif, grand luxe que l'espace

et puis le foutoir, des tentes qui s'entassent les une sur les autres

les tentes à flanc de colline, parfaites pour la saison des pluies

les blanches

les bleues

les dômes

les dômes avec douches

et pour finir les tarabiscornues (je vous passe les tentes en carton recyclé)


Cette semaine, le gouvernement a sorti l'arrêté d'expropriation des terrains situés dans le polygone jaune, à la sortie de la Croix des Bouquets, le long de la route qui mène aux Arcadins.

Et voici un peu à quoi ressemble le terrain actuellement:

Interview du chef de mission d'OXFAM dans Le Monde

"Haïti a une chance unique dans son histoire"








"Le 12 janvier, s'est ouvert un nouveau chapitre de  l'histoire d'Haïti."
AP/Ramon Espinosa
"Le 12 janvier, s'est ouvert un nouveau chapitre de l'histoire d'Haïti."

Réunis à New York, mercredi 31 mars, les pays donateurs ont promis de consacrer près de 10 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros) pour aider Haïti à se relever du séisme dévastateur du 12 janvier. Un montant supérieur aux attentes, donc "extrêmement satisfaisant" pour Marcel Stoessel, chef de mission à Haïti pour l'ONG Oxfam, qui estime que Haïti a là "une chance unique" d'ouvrir un nouveau chapitre de son histoire.


Dix milliards de dollars d'aide, est-ce un montant suffisant pour reconstruire Haïti ?

Je ne pense pas que quelqu'un puisse dire exactement quel est le montant nécessaire pour aider Haïti, mais ce montant s'approche de l'évaluation des dommages. Vu les besoins énormes, immédiats comme à long terme, nous sommes très satisfaits du résultat de la conférence de New York, ce montant est supérieur à ce qui était généralement attendu.

Nous émettons cependant deux réserves. D'une part, il faut que cet argent promis soit réellement donné. Dans beaucoup de grandes urgences humanitaires, l'argent promis n'est pas arrivé en intégralité, comme par exemple lors de l'ouragan Mitch [qui avait tué plus de 9 000 personnes en Amérique en 1998]. A New York, il y avait des promesses de transparence sur ce sujet, avec un site web qui devrait permettre de suivre l'argent qui arrive sur le terrain.

D'autre part, il faut qu'il s'agisse d'argent nouveau. Il est arrivé dans le passé que de l'argent promis pour une cause représente l'argent qui était déjà affecté ailleurs et qui a été réorienté. Il pourrait s'agir soit d'argent déjà affecté à Haïti, dans des projets de développement antérieurs au séisme, soit d'argent affecté à d'autres crises humanitaires dans le monde. L'attention internationale et des médias est focalisée sur Haïti, mais nous ne devons pas oublier les autres pays qui subissent des catastrophes ou qui souffrent de la pauvreté. Nous avons observé, par exemple, après le tsunami [du 26 décembre 2004], qu'il était difficile d'obtenir suffisamment de fonds pour d'autres urgences dans le monde. Dans ce cas, le contrôle est beaucoup plus difficile, car nous n'avons pas accès aux comptes internes des organisations.

A quoi pourra servir cet argent ? Quels sont les besoins ?

L'argent va être utilisé sur le court terme et sur le long terme. Il y a toujours des besoins d'urgence, notamment dans le domaine de l'abri, qu'on doit continuer a suivre. Environ 5 millions de dollars sont affectés pour les prochains dix-huit mois, et 5 millions de dollars pour le plus long terme. Oxfam a réalisé une enquête d'un type inédit auprès de 1 700 Haïtiens pour connaître leurs besoins, et j'ai été très surpris du résultat : leur premières priorités sont l'emploi et l'éducation, ils veulent retourner au travail et éduquer leurs enfants.

La troisième priorité, c'est le logement, la quatrième le développement de la production nationale. Et là, il faut dire qu'il est important de décentraliser le pays. Haïti a beaucoup souffert de la centralisation politique, administrative et économique. Il faut développer les autres villes et la campagne, la production agricole. Il est vrai que beaucoup de problèmes étaient déjà présents avant le séisme, mais le 12 janvier s'est ouvert un nouveau chapitre pour le pays permettant d'avancer réellement le développement d'Haïti.

Comment va être affecté cet argent ?

Nous nous posons aussi la question, pour l'instant il semble qu'un fonds va être mis en place. Haïti détient ici une chance unique dans son histoire de se remettre sur pied et d'avancer sur beaucoup de sujets. C'est une énorme chance. Maintenant, ce dont le pays a besoin, ce n'est pas forcément de plus d'argent, mais d'assurer que cet argent atteigne les plus vulnérables et contribue véritablement à avancer le développement du pays. Le rôle du gouvernement haïtien et de la société civile est fondamental.

Le gouvernement commence à être plus actif, il faut aussi qu'il communique clairement et d'une manière efficace avec la population. C'est au gouvernement de prendre la reconstruction en charge, il connaît beaucoup mieux ce dont a besoin le pays que la communauté internationale.

Propos recueillis par Hélène Bekmezian

jeudi 18 mars 2010

Goudougoudou


Continuer à vivre et travailler n'est facile pour personne ici après un tel évènement et en parler est sûrement une étape importante. Et pour cela, les Haïtiens ont créer un mot "goulougoulou". Il s'agit en fait d'une onomatopée censée reproduire le bruit d'un séisme qui approche.
Sinon, on emploie beaucoup le mot de "bagay". cela veut dire "chose" mais cette traduction serait sûrement trop réductrice. En Haïti, ce mot est couramment utilisé pour décrire tout un tas de chose.

Après le goudougoudou haïtien, il y a eu le chilien, le turc... Et cette semaine c'est la faille au Nord d'Haïti qui a bougé. Alors on recommence à parler de la fin du monde et on se dépêche de rejoindre une église/secte pour faire partie des heureux élus sauvés. La dernière rumeur en date parle d'un volcan qui va cracher du feu au Morne Cabrit, une montagne tout ce qu'il y a de plus calcaire.

On se pose aussi beaucoup de question sur la fin du monde et ce fameux 21 décembre 2012 dont parle des prophéties maya ou tibétaines. On se prépare, on se tourne encore plus vers Dieu et on demande inévitablement aux Blancs ce qu'ils en pensent. Et parfois on se demande aussi à quoi çà sert que Ducros il se décarcasse.
Mes nuits sont bercées par le bruit des pelleteuses affairées à enlever les décombres de l'école à 3 étages en face et je me réveille très tôt au son des prédicateurs et autre oiseaux de mauvaises augures qui armés de leur mégaphone, tel le fou de cet épisode de Tintin qui parcourt les rues avec son gong, vous prédisent la fin du monde. J'ai même été assez étonné d'une certaine église qui s'est presque enorgueillie d'avoir prédit l'apocalypse quelques mois plus tôt dans les pages du principale journal. Alors pour conjurer le mauvaise sort, on organise des croisades: des jours de grands rassemblements de prière, de jeûne. Plus dangereux, les églises protestantes et affiliées s'en prennent aux voudouisants, des sortes d'expéditions punitives ont été perpétrées. Après tout, l'amour de son prochain n'est pas un des 10 commandements....

La paranoïa n'est donc pas prête de s'éteindre!

Au fait, mauvaise nouvelle, la saison des pluies est déjà là. Enfin si çà peut donner une super récolte, ce sera toujours çà de gagner.

Enfin, si j'ai perçu un signe de fin du monde: la production de Prestige, la bière locale a été interrompue!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Interruption de programmes

Beaucoup de silence depuis le dernier message. Nul besoin de vous expliquer les raisons. Du coup même pendant ma pause en France, pas envie d'écrire. Ecrire sur quoi d'ailleurs, les médias ont largement couvert les premières semaines.
Mais maintenant, le focus médiatique s'est réduit et le plus intéressant commence, la reconstruction, l'après. Et c'est de cela dont nous devons parler...

samedi 5 décembre 2009

Real politik

La politique haïtienne pourrait illustrer parfaitement la célèbre phrase "l'homme est un loup pour l'homme" ou plus précisément pour la femme dans notre cas précis. Et Michèle Duvivier Pierre Louis qui, on pouvait le croire, avait fait le plus dur après la gestion des cyclones et des réparations, en a fait les frais. RIP Michèle...
La première minsitre a donc été révoquée de manière aussi subite qu'absurde.En une semaine, emballé c'est plié: destitution, proposition d'un nouveau premier ministre et acceptation par le Parlement. Et oui les élections présidentielles se précisent (2011?) et le roi arrange son échiquier. Pour une fois, il semble que la reine n'ait pas été considérée comme une pièce maîtresse.

Sinon en février-mars (chouette pendant le carnaval), rebelote avec élection sénatorale (un autre tiers) et les députés. On compe environ 900 candidats pour 99 sièges dans 10 départements soit une petite centaine de prétendants par département en moyenne!!! En effet mise à part quelques regroupements dont INITE (unité), le nouveau groupement pro-président mais qui ne reprend pas les mêmes partis que la précédente plateforme présidentielle (LESPWA). Vous suivez? Bref un petit jeu du je t'aime, moi non plus.
Sauf que sûrement guidé par des visions ou ayant consulté leur cartomancienne, beacoup de candidats ont quitter leur parti pour se présenter sous la banière d'INITE. Comme si être dans le parti présidentiel, assurait de remporter la victoire??? Non c'est le hasard c'est tout car après tout, depuis la fin de la présidence à vie des Duvalier, les élections sont un processsus on ne peut plus démocratiques. Et les Nations Unies sont en partie là pour s'en assurer, donc pas d'inquiétude à avoir.
Et vendredi c'était LE tirage au sort ........ les numéros attribués aux différents partis. Ah... Vous pensiez au tirage des groupes pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud? Ah non, çà nous est passé vraiment par dessus la tête.
Et INITE a obtenu le numéro 1, donc là branle-bas de combat, tous les autres partis crient au scandale et demande à refaire le tirage.

Sinon, la nouvelle rumeur urbaine haïtienne vient d'une déclaration du numéro 2 Dominicain, le voisin. La France, les USA et le Canada conspireraient depuis des décennies pour unifier les deux pays en un seul! Horreur, malheur!!!! C'est la, c'est la, c'est la salsa des démons, tananan tananan...
Et certains détails iraient dans ce sens, l'UE se concentre sur le Plateau Central (département frontalier) avec les routes, la sécurité alimentaire; c'est la grande mode des projets transfontaliers... Hum hum, bizarre, vous avez dit bizarre...
Enfin bon, le président Dominicain en France ces jours-ci a réfusé la démilitarisation de la frontière donc c'est pas pour demain la veille.

Sinon puisqu'on parle élections, rien à voir mais vous devez sûrement vous demander qui est ce Jimmy Jean Louis qui participait à l'élection de Miss France (quoi vous pensiez que j'allais râter çà alors que je vis en Haïti?). Et bien c'est acteur NATIF NATAL d'Haïti, connu pour avoir tenu un rôle dans la série Heroes. Et devinez comment s'appelle ce personnage dans la série: l'Haïtien. Ah là là, ils se sont pas foulés les scénaristes. L'Haïtien n'a donc pas de nom, son origine affichée sert à lui seule à le décrire. No comment..

Ahhh Haïti, ton univers impitoyable

An nou plante pyebwa!!!

Je dis STOP! Stop aux soirées aux thèmes aussi farfalues que non productifs.
Je dis OUI! Oui aux soirées engagées pour faire passer un message fort et constructif pour une Haïti plus belle.
Attaquons nous donc aux problèmes de fonds du pays: le déboisement.
Et qui de mieux que Nico pour représenter cette thématique :



Je suis pour ma part venue accompagnée de mon petit panda du WWF

Et il y a beaucoup de recherche: la version cocotier et hamac direct não Brasil