dimanche 24 août 2008
De la pluie et des chants religieux
Dimanche matin, direction Margot dans le haut du bassin versant, en gros des routes étroites et escarpées pour assister au prêche du pasteur Bernex, administrateur d’ODRINO et déposé John et Mike, les 2 jeunes américains qui allaient projeter un film sur Jésus en créole le soir même. Beaucoup de jeunes (il faut dire que l’espérance de vie en Haiti est d’une cinquantaine d’années). Les gens forment des groupes dans chaque village et viennent dans les différentes églises. La messe commence par le décompte des présents et absents et le récapitulatif des séances précédentes : personnes présentes, nombre de bibles…La première partie est consacrée aux chants (Bruce m’avait prêté son livre de chants) puis vient le sermon.
Après, on saute dans la voiture direction Poste Métier pour l’autre activité dominicale, le repas préparé par la femme du pasteur Chrisbon.
Mardi, installation d’une pompe dans un village où j’ai rencontré une petite fille blonde ! En y regardant de plus près, je me suis rendu compte que cette petite fille avait en fait un pénis et j’ai eu le même choc avec une autre petite fille dans le village. De gros problèmes génétiques sans doute…
MINUSTAH
Me voila de retour à Moustiques pour 15 jours.
J’ai commencé par une excursion dans Port de Paix pour plusieurs affaires.
D'abord, rencontrer Yvan, un corse qui bosse pour la MINUSTAH et qui est responsable des projets QUICKS, des projets de 3 mois pour 25000 dollars avec une comptabilité parfaite genre on a dépensé exactement ce qu’on avait prévu
Fay

Un nouveau pays et de nouvelles habitudes ! Regarder régulièrement les nouvelles du centre national des ouragans qui suit les systèmes pouvant devenir des tempêtes voire des ouragans. Et tout à coup, jeudi le soir le branle bas de combat : une zone de perturbation pas encore définie comme tempête est centrée sur la République dominicaine et il se dirige droit vers le Gonaïves et le nord ouest (voir photo). Comme l’ouragan Jeanne qui a fait énormément de dégâts en 2004. Du coup, vendredi, on rentre tout, on bâche ce qu’on peut et on abrite le matériel. Dans l’après midi, le système s’est enfin organisée et prend le doux nom de Fay, soit la sixième tempête de la saison (qui ne fait que commencer). On débranche tous les appareils électriques et on fait des réserves d’eau potable et non potable au cas où l’alimentation serait coupée. Et puis on attend (et on prie….enfin pas moi).
Pendant la nuit beaucoup de vent mais pas de pluie ??? Au petit matin, on apprend que la tempête est partie sur PAP et le sud du pays (zone généralement touchée). Bilan : 7 morts plus des victimes collatérales, quelques 80 personnes mortes dans un accident de tap tap (transport en commun) qui a essayé de traverser une rivière en crue. Dans le nord ouest, rien heureusement.
la religion
les prêtres catholiques reçoivent une subvention de l’état mais pas les églises réformées comme mes chers baptistes. Alors si j’ai bien compris, les baptistes estiment que l’on nait pêcheur et nous devons choisir la voie de Dieu et de Jésus pour notre rédemption mais au final on est même pas sût d’aller au paradis. Tout çà pour çà ! On ne baptise pas les enfants à la naissance car le baptême doit être un processus conscient.
Alors que les adventistes prient le samedi, ne mangent pas de porc ni ce qui a une carapace (et dire qu’ils ne connaitront jamais le goût des langoustes ou des homards ou des CRABES.-d'où le lien avec la photo, pigé? Leur credo c’est de respecter scrupuleusement les 10 commandements pour accéder au paradis.
Ces 2 groupes s’affrontent à Moustiques. Je n’ai pas encore compris tous les tenants et les aboutissants mais ils ne sont pas copains du tout.
Tout çà se diffuse grâce à des missionnaires mais qui n’appartiennent tous aux mêmes groupes. Résultat dans un bled paumé du nord ouest avec deux églises baptistes à 50 m l’une de l’autre mais pas sous la responsabilité de la même mission…
J’espère qu’aucun missionnaire en Haiti ne lira jamais ce blog mais même si personne ne parle du vaudou, beaucoup d’éléments dans la culture en sont imprégnés et ressurgissent comme la fête à Saut d’Eau. Il y a aussi cette histoire d’un type qu’on a arrêté et qu’on a arrosé parce les policiers pensaient que cette personne avait le don de disparaître sauf si on lui jetait de l’eau dessus. Et les pasteurs ne s’offusquent pas de cela car quelque part ils y croient encore. Certains noms sont aussi très symbolique dans la culture vaudou comme 4 carrefours, ce qu’on appellerait juste carrefour chez nous.
Le vaudou a aussi donné les zombis dont les premières manifestations ont en fait eu lieu en Haiti.
en traversant 3 rivières
Il y a les gens avisés ou prudents qui prennent les barques et les plus téméraires qui tentent la traversée avec plus ou moins de succès...
jeudi 21 août 2008
la fête à Saut d'Eau
Fin juillet c’était la fête à Saut d’Eau : des dizaines milliers de pélerins affluent pour se purifier. C’est sans doute la plus grande fête vaudou du pays.
Voici quelques extraits choisis de reportages réalisés pour l’occasion :
Des pèlerins allument des cierges au pied des arbres géants. Les troncs quasi-calcinés prennent feu lorsque le houngan [sorte de chaman] crache un long filet de clairin [alcoolde canne local] sur les flammes vacillantes. « C'est ici que vivent les loas [les esprits]. Ils reposent dans les arbres. C'est pour cela que nous y allumons des bougies », affirme une manbo officiant dans une grotte, à Saut-d'Eau, ville du département du Centre.
Magalie, 39 ans, se représente Saut-d'Eau comme un cercle magique où vingt et une nations de l'Afrique-Guinen sont réunies. La cascade symbolise pour elle une mère ; elle vient se plonger chaque année depuis l'âge d'un an dans ce liquide qui la purifie, la débarrasse de toute impureté. « Je suis à mon 39e pèlerinage. Chaque année, je viens voir ma mère. C'est elle qui trace ma route et conduit mes pas », loue-t-elle. Dans l'eau qui tombe des hauteurs peuplées de grands arbres, une jeune femme fait ses ablutions avec des feuilles et parle à son sexe comme à un enfant. « Men kout fèy twa pawòl, chòbòlòt, men fèy kapab, men fèy santi pou ou. M ap ba ou chans, chòbòlòt », répète-t-elle avec ferveur.
inflation
Du point de vue régional, la région Nord qui couvre les départements du Nord, du Nord-Est et du Nord'Ouest est la région la plus touchée par la cherté de la vie avec un taux d'inflation de 2,4% pour le mois de juillet.